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...Et l'éventail qu'elle froissait en ses doigts fluets aux larges bagues s'égaie en des sujets érotiques si vagues, qu'elle sourit tout en rêvant à maints détails.
Paul Verlaine
Le corps, lieu privilégié des phantasmes possède en lui tous les signes, il est à même de prodiguer une infinité de sens, de se laisser décrypter à plusieurs niveaux, ou encore, comme une poupée gigogne de cacher un sens par un autre.
Dans Liqueurs de Chair, le propos serait de tirer du corps une jubilation sensuelle et érotique au point de l'emmener aux limites du basculement des sens.
Cette transformation, véritable réaction chimique (au sens de la distillation, de la macération), m'évoque une sensation suave à l'extrême mais qui contient en elle l'ivresse des abîmes car toujours aux abords de cet instant de fragilité extrême où l'exaltation du corps touche à son paroxysme, là où tout bascule vers l'irrémédiable, vers l'anéantissement de l'âme, là où la mort se démasque et d'où la chair commence à sécréter doucement cette substance sucrée et enivrante qui peut perler à travers la peau comme la sueur, le sperme, les larmes et le sang.
Les surréalistes le savaient bien, eux qui ont fait de l'érotisme leur muse privilégiée, que ce précipité de sentiments troubles et de mouvements échappés, est la liqueur séminale de la création.
Angelin Preljocaj
Création 1988 pour 9 danseurs et 1 musicien
Durée
67 minutes
Chorégraphie
Angelin Preljocaj
Musique originale
Laurent Petitgand
Conception décor et costumes
Annick Goncalves
Réalisation des costumes
Odile Fouquet
Réalisation du Décor
Association Lézard Mateur
Conception et réalisation de la Sculpture
Frédéric Le Junter
Lumière
Jacques Chatelet
Commande du C.N.D.C. d'Angers
Coproduction
C.N.D.C. d'Angers, Théâtre de la Ville-Paris,
CAC de Sceaux,
Maison de la Culture de la Rochelle,
Théâtre du Merlan-Marseille, Alpha-FNAC.
Avec le concours de la SPEDIDAM.
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